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Capitaine du port, vingt ans de service                                                                  24.01.03                                        

Armand Dessibourg

                               

Entre la commune de Delley et Armand Dessibourg, c'est le grand amour depuis vingt ans. En 1982, il devient le premier employé permanent de la commune. Aujourd'hui, c'est avec la casquette de capitaine du port qu'il fait le point sur deux décennies de dévouement à Delley. Dévouement? Si l'on en croit les dires du syndic Gilbert Delley, le seul défaut de M. Dessibourg est de ne pas savoir dire non. Ce que l'intéressé ne conteste pas: «Je suis disponible 24 heures sur 24, tous les jours de l'année. L'accueil et la disponibilité, c'est important ».Armand Dessibourg goûte pour la première fois à l'air du lac le 19 mai 1942, lorsqu'il devient l'un des six enfants d'une famille d'agriculteurs de Delley. L'école terminée, il apporte sa contribution à la conduite du domaine familial, qu'il reprendra en 1969.


Pour arrondir ses fins de mois, il travaille également hors de l'exploitation, comme chauffeur pour des maraîchers du Vully.


Eh 1978, il est élu au Conseil communal, et se charge du dicastère de l'édilité. En 1985, alors qu'il officie déjà pour le compte de la commune depuis trois ans, une nouvelle opportunité se présente. Suite au décès de Cyprien Guinnard, la place de capitaine du port devient vacante. Intéressé, M. Dessibourg' choisit de reprendre la casquette. Depuis, il collectionne les amis du côté des propriétaires de bateaux. Pour dire à quel point ils sont nombreux, notons que le port de Delley compte à l'heure actuelle 900 bateaux et dériveurs. Sa popularité, il l'a gagnée au fil des manipulations de bateaux, de leurs entrées et sorties de l'eau avec l'ancienne grue ou le nouveau portique. Au fil des pleins d'essence aussi, car l'opération peut prendre beaucoup de temps: «Un dimanche peu avant midi, le propriétaire d'un gros bateau est venu me demander si je préférais faire le plein avant ou après être allé dîner », raconte le capitaine. «Je me suis dit que le plus tôt serait le mieux et j'ai commencé à faire le plein. Une heure plus tard, ce n'était toujours pas fini. Le bateau avait un réservoir de 3000 litres, si j'avais su... Heureusement, aujourd'hui, il est ancré à Monaco». Autre souvenir, celui de l'effondrement de la grue du port, en 1996: «Un propriétaire de bateau nous avait menti sur le poids de son engin. Lorsque nous avons voulu le sortir de l'eau, le bateau était si lourd que tout a fichu le camp au fond du lac. Les dégâts se sont montés à 300000 francs». Heureusement, la médaille s'est avérée avoir un beau revers, puisque lorsqu'il s'est agi de remplacer le matériel, M.Dessibourg a eu l'occasion de se rendre en jet à Venise et au Pays basque, pour visiter des chantiers navals.


Les voyages, ce n'est pas son fort: «Il m'arrive d'aller trouver des proches en Espagne, mais c'est tellement beau ici. Et puis j'ai une famille, et même si je n'ai plus de vaches, j'ai encore du travail à la ferme». Ainsi avoue-t-il que même si quelqu'un venait lui proposer une place de capitaine sur la côte d'Azur, il préfèrerait rester à Delley. Toujours souriant, il considère malgré tout son travail comme un hobby et compte bien passer encore de beaux jours sous, sa
casquette de capitaine.
 

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