image




Alerte à l'école! Thérèse Meyer ferait sa propagande... en règle                08.10.03                                                                        
Ecole de Delley



Broye · La distribution de réglettes publicitaires dans des classes de Delley suscite la polémique. L'Instruction publique a réagi. Les démocrates-chrétiens clament leur bonne foi.

L'enfer électoral est pavé de bonnes intentions. Pour preuve, ce récent incident survenu à l'école primaire de Delley et relaté lundi par la TSR. Fin septembre, la panoplie scolaire des élèves s'est enrichie d'un nouvel accessoire: une réglette en plastique estampillée Thérèse Meyer-Kaelin, conseillère nationale PDC et candidate aux prochaines élections fédérales. Slogan: «La bonne mesure de l'action».

L'élue broyarde recruterait-elle ses futurs électeurs sur les bancs d'école? «Bien sûr que non. Ces règles ne sont pas arrivées aux mains des élèves sur mes instructions. Je n'étais pas au courant de cette distribution qui s'est faite à l'initiative de supporters peut-être un peu trop zélés», assure Thérèse Meyer-Kaelin. Elle regrette le battage médiatique qu'a suscité cette affaire: «C'est un support de campagne comme un autre, qui n'a pas du tout été formaté pour les enfants.»

Pour faire plaisir aux gosses

Mais d'où sortaient donc ces réglettes de propagande? Des mains du syndic Gilbert Delley, lui-même militant du PDC. Explication: «J'ai pris ces réglettes publicitaires lors d'une séance du parti en septembre. Plutôt que de les jeter, j'ai voulu faire plaisir à des gosses», raconte l'élu. Il les a donc données à son petit-fils, avec mission de les distribuer en classes après avoir demandé l'accord des maîtresses. Maladroit, reconnaît le syndic. Qui clame pourtant sa bonne foi. «Loin de moi l'idée d'embrigader qui que ce soit. Et si ces règles déplaisent aux adultes, au moins les enfants sont contents!»
Fâchés, les adultes? Suffisamment pour alerter les médias, mais pas assez pour saisir la commission scolaire, assure sa présidente Marylin Votta - par ailleurs membre du comité du PDC broyard. «Je vous jure que je n'ai pas reçu la moindre plainte de parents.» A ses yeux, il n'y a pas de quoi faire tout un plat de cette malheureuse histoire. «Cela aurait été bien plus grave si l'on avait fait de la pub pour de l'alcool ou des cigarettes en classe.» Et les fameuses réglettes politiciennes? Pas question de les confisquer après coup. Aux parents d'en faire ce qu'ils voudront. Quitte à les utiliser le 19 octobre pour remplir leur bulletin.

Contraire à la loi scolaire

Si chacun s'accorde à vouloir tirer un trait sur cette affaire, reste que la loi scolaire est formelle: la propagande politique, sous toutes ses formes, est interdite à l'école. «Il arrive souvent, en période d'élections, que des partis demandent à pouvoir intervenir ou distribuer du matériel de campagne dans les écoles. Nous refusons alors systématiquement», explique Michel Perriard, secrétaire général à la Direction de l'instruction publique, de la culture et du sport (DICS). Mis au courant du cas de Delley par les médias, la DICS a décidé de mener son enquête, «nous voulons simplement savoir comment les choses se sont passées». L'inspecteur scolaire a rencontré hier soir les enseignantes concernées, instaurant du même coup une nouvelle règle dans l'établissement: silence radio face à la presse. Aux yeux de Michel Perriard, il n'y a toutefois pas lieu d'amplifier la gravité de l'incident. «C'est une démarche qui n'est pas innocente dans un milieu scolaire mais je pense qu'elle s'est faite à l'insu de la candidate. C'est plutôt une initiative malheureuse de la part d'un membre du parti.»

 


AcL/AMo
 

image
image
image