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Nouvelles locales 02.12.04
Fusion Delley-Portalban
Une leçon d'amour
Il y a un moment qu'il ne s'était à ce point bidonné. Un vrai fou rire collectif, qui l'a saisi de très longues secondes. Ce qui a tant fait marrer le Grand Conseil? La petite phrase lâchée en toute candeur par Isabelle Joye. Se réjouissant de la fusion entre Delley et Portalban, la députée dideraine a affirmé que «le concubinage, c'est bien; le mariage, c'est mieux». Si l'on sait que l'ami de la démocrate-chrétienne n'est autre que le député radical Denis Boivin, on comprend tout le sel contenu dans la déclaration de l'enseignante qui a mis le feu aux joues du jeune avocat. Voilà peut-être de quoi raviver, chez les plus optimistes de leurs partis respectifs, l'espoir de pérenniser l'alliance bourgeoise...
Quatre nouvelles fusions entérinées
Parlement · Botterens et Villarbeney, Bulle et La Tour, Delley et Portalban, Cordast et Cormondes: les députés bénissent les unions à tour de bras.
Des fusions, en veux-tu? En voilà. Hier, Fribourg n'a pas seulement pris des airs de Las Vegas à cause du débat de son parlement sur les machines à sous (voir ci-contre). Les mariages à la chaîne, il les pratique tout aussi bien que les pasteurs de la cité du jeu. Ainsi, hier, son Grand Conseil a donné en moins d'une heure sa bénédiction à quatre unions communales. Sans l'ombre d'une opposition.
Il a glissé 192 000 francs dans la corbeille nuptiale de Botterens et Villarbeney (415 habitants) qui grandiront ensemble dès 2006. Il a mis 1,14 million dans celle de Bulle et de La Tour-de-Trême (15 046 hab.), qui ne feront qu'une à la même date. L'enveloppe offerte à Delley et Portalban (734 hab.) vaudra 291 000 francs le 1er janvier 2005, celle remise à Cordast et Cormondes (3445 hab.) en pèsera 352 000 un an plus tard.
Entremetteur de tant d'ardeurs citoyennes, Pascal Corminboeuf a considéré ces étreintes administratives avec la bienveillance d'un père comblé. Le rapprochement de Bulle et de La Tour a donné l'occasion d'un «bon exercice de démocratie locale. Il a montré que les préoccupations dans les grandes et les petites communes sont les mêmes. Cette fusion a été exemplaire et a intéressé une grande partie du pays», s'est réjoui le ministre des Institutions.
Le rêve des voisins
L'accord entre les deux communes lacoises avait, lui, été arraché d'un rien à Cordast. D'aucuns craignent que l'important clan des opposants du village n'entrave la marche de la nouvelle entité. Pascal Corminboeuf a rassuré en s'appuyant sur des cas similaires où, passé le cap des premières réserves, la raison a fini par calmer les esprits.
Quant aux deux voisines riveraines du lac de Neuchâtel, leur histoire démontre qu'il faut parfois frayer un quart de siècle avant de s'entortiller dans le même filet. De quoi donner foi à ceux qui à Gletterens, à l'instar de sa députée Valérie Piller (s), rêvent que leur village se glisse un jour dans le lit de la frétillante commune broyarde.
CAG
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