Nouvelles locales                [ 23.03.2006 ]                    

 

Delley semences et plantes SA rapatrie tous ses stocks dans un frigo géant

Agriculture · L'entreprise broyarde a inauguré récemment une nouvelle halle de stockage permettant de conserver plus de 200 tonnes de semences au frais.

L'entreprise Delley semences et plantes SA (DSP) possède depuis peu l'un des coffres-forts les plus insolites du pays: une halle de stockage réfrigérée permettant de conserver plus de 200 tonnes de semences. A l'intérieur, point de lingots mais des tonnes d'or vert. Maïs, trèfle, blé tendre, edelweiss et autres graminées: un inestimable patrimoine génétique.

Jusqu'à l'an passé, les stocks de DSP étaient disséminés aux quatre coins du pays, un casse-tête pour la gestion et la conservation des semences. «Si les conditions ne sont pas optimales, les semences perdent leur capacité germinative. C'était devenu un problème», souligne Julien Berberat, responsable de la production des semences de base. Avec la nouvelle halle, plus de souci: la température est fixée à 10°C et le taux d'humidité ne monte pas au-dessus de 60%. Un investissement d'un million qui assure une conservation efficace aux précieuses petites graines.
Doublant sa capacité de stockage à Delley, DSP centralise du même coup ses activités. Tout bénéfice pour les opérations de préparation et surtout de distribution des semences.

Le maillon intermédiaire

Installée depuis 1994 au château de Delley, DSP est le maillon intermédiaire entre les stations de recherche et les agriculteurs multiplicateurs (alias les «sélectionneurs»). «Notre rôle, c'est de mettre à leur disposition des variétés performantes sous forme de semences», explique Evelyne Thomet, responsable des semences fourragères à la direction de DSP.
Quelque 220 variétés sont ainsi commercialisées en Suisse et à l'étranger. «Nos revenus, ce sont les licences, une sorte de copyright sur les semences», précise Julien Berberat. Chiffre d'affaires annuel: 4 à 5 millions de francs.
Si les boulangers et les agriculteurs suisses restent fidèles aux variétés de DSP, l'entreprise lorgne pourtant de nouveaux marchés. «En Suisse, on ne peut plus grandir, on travaille donc avec des représentants pour se développer à l'étranger», relève Evelyne Thomet.
Et le créneau des OGM? «Nous n'avons pas les moyens de faire ce genre de sélection.
Et même si la Suisse autorisait les OGM, il faudrait 15 ans pour mettre au point une variété. Autant dire qu'on ne pourrait pas rattraper le retard».

 

Anne-Claire Loup
 

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