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Delley semences et plantes SA rapatrie tous
ses stocks dans un frigo géant
Agriculture
· L'entreprise broyarde a inauguré récemment une nouvelle halle de stockage
permettant de conserver plus de 200 tonnes de semences au frais.
L'entreprise Delley semences et plantes SA (DSP) possède depuis peu l'un des
coffres-forts les plus insolites du pays: une halle de stockage réfrigérée
permettant de conserver plus de 200 tonnes de semences. A l'intérieur, point
de lingots mais des tonnes d'or vert. Maïs, trèfle, blé tendre, edelweiss et
autres graminées: un inestimable patrimoine génétique.
Jusqu'à l'an passé, les stocks de DSP étaient disséminés aux quatre coins du
pays, un casse-tête pour la gestion et la conservation des semences. «Si les
conditions ne sont pas optimales, les semences perdent leur capacité
germinative. C'était devenu un problème», souligne Julien Berberat,
responsable de la production des semences de base. Avec la nouvelle halle,
plus de souci: la température est fixée à 10°C et le taux d'humidité ne
monte pas au-dessus de 60%. Un investissement d'un million qui assure une
conservation efficace aux précieuses petites graines.
Doublant sa capacité de stockage à Delley, DSP centralise du même coup ses
activités. Tout bénéfice pour les opérations de préparation et surtout de
distribution des semences.
Le maillon intermédiaire
Installée depuis 1994 au château de Delley, DSP est le maillon intermédiaire
entre les stations de recherche et les agriculteurs multiplicateurs (alias
les «sélectionneurs»). «Notre rôle, c'est de mettre à leur disposition des
variétés performantes sous forme de semences», explique Evelyne Thomet,
responsable des semences fourragères à la direction de DSP.
Quelque 220 variétés sont ainsi commercialisées en Suisse et à l'étranger.
«Nos revenus, ce sont les licences, une sorte de copyright sur les
semences», précise Julien Berberat. Chiffre d'affaires annuel: 4 à 5
millions de francs.
Si les boulangers et les agriculteurs suisses restent fidèles aux variétés
de DSP, l'entreprise lorgne pourtant de nouveaux marchés. «En Suisse, on ne
peut plus grandir, on travaille donc avec des représentants pour se
développer à l'étranger», relève Evelyne Thomet.
Et le créneau des OGM? «Nous n'avons pas les moyens de faire ce genre de
sélection.
Et même si la Suisse autorisait les OGM, il faudrait 15 ans pour mettre au
point une variété. Autant dire qu'on ne pourrait pas rattraper le retard».
Anne-Claire Loup
http://delley-portalban.ch
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